Jean-Luc Collignon

Jean-Luc Collignon

Saint-Thierry : un porche d'église pourquoi y faire?

Le porche de l'ancienne église abbatiale de Saint-Thierry

Saint-Thierry est un village marnais situé au cœur du massif qui porte son nom. La forêt couronne son sommet qui, au gré des trouées, offre une vue sur les vallées de la Vesle et de l'Aisne. Plus bas, sur les coteaux ensoleillés, la vigne prospère et produit un champagne de renommée internationale.

Saint-Thierry, c'est aussi son monastère occupé par une communauté de bénédictines, qui, depuis 1968, accueille pèlerins, visiteurs, hôtes en quête de spiritualité.

Les bâtiments actuels ne sont plus que l'ombre de l'ensemble architectural du monastère originel, «l'un des plus complets que possédait la France...et qui fut détruit froidement et de propos délibéré par un acte de vandalisme inconcevable, dont la pleine responsabilité incombe à l'archevêque de Reims de l'époque, Mgr De la Roche Aymon, et à un coadjuteur et successeur, Mgr de Talleyrand - Périgord, l'oncle du futur évêque d'Autun, qui devait être ministre de l'Empire et de la Restauration...» (1).

C'est ainsi qu'en 1778 «malgré les protestations indignées, mais impuissantes des habitants de Saint-Thierry, l'église abbatiale et les bâtiments claustraux étaient livrés à la pioche des démolisseurs.»

Le ton est donné, cet archevêque, qui n'a pas eu que des amis de son vivant, fut encore contesté après sa mort. Son somptueux «palais de plaisance» ne lui profita guère qu'une dizaine d'années puisqu'en 1791, les révolutionnaires lui confisquent et le déclarent bien national. Le domaine passe alors entre les mains de plusieurs acquéreurs qui démolissent les bâtiments pour tirer profit de la vente des pierres.

L'époque glorieuse du monastère est définitivement révolue. Il avait été le premier établissement conventuel du grand diocèse de Reims lorsque Thierry (Théodoric), le disciple et ami de saint Remi, l'avait fondé au VIème siècle.

On se souvient que l'emplacement avait été choisi à la suite d'une observation divinatoire (2). Quatre années de suite, à la Noël, un aigle blanc est venu effectuer un vol circulaire au-dessus du Mont d'Hor, révélant ainsi au premier abbé l'endroit de sa demeure. 

Occupés dans les premiers temps par des chanoines, les bâtiments conventuels accueillent en 971 des moines bénédictins venus de l'abbaye de Saint-Rémi. Ceux-ci réorganisent la vie monastique en appliquant la Réforme souhaitée par l'archevêque Adalbéron, celui-là même qui relève les reliques de saint Thierry en 976 (2). Ces deux événements auxquels s'ajoute un formidable développement du temporel (accroissement des biens fonciers, augmentation des revenus ecclésiastiques, domaniaux, seigneuriaux...), contribuent à enrichir rapidement la communauté après les désastres causés par les Hongrois en 937. Elle peut enfin se doter d'une église digne d'une grande abbaye.

C'est l'abbé Dominique qui transforme complètement l'édifice entre 1007 et 1022. Un successeur, Raoul (1088 - 1112), s'attache à construire un porche à l'avant de la nef romane.

Puis un siècle plus tard, le chevet est reconstruit dans le style gothique de l'époque, faisant de l'église abbatiale l'une des plus belles du diocèse de Reims.

Au XVIIe siècle (en 1658) l'abbé Cotron dresse les plans des bâtiments. Fort heureusement, les croquis et les descriptifs de l'abbé parviennent jusqu'à nous, ils sont conservés et consultables à la Bibliothèque Municipale Carnegie de Reims. Dom Cotron établit également un descriptif de la châsse-reliquaire de saint Thierry, dont l'âme en bois a été redécouverte (2)

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 Sur cette première vue, le porche en avant de la nef est désigné par le mot "porticus". Une seconde travée lui succède à l'orient, elle supporte une tour-porche, qui sur la vue cavalière suivante, est affublée d'un clocher pointu. Malheureusement le croquis ne montre pas la façade occidentale avec l'entrée du porche.

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 Notons que le porche comporte deux travées, celle située à l'est était certainement voutée pour supporter la charge de la tour, elle devait posséder une galerie au premier étage, qui s'ouvrait sur la nef. Quant à la travée occidentale peu d'éléments renseignent sur sa fonction. Peut-être abritait-elle les fonts baptismaux au moins jusqu'en 1215, date à laquelle l'église paroissiale Saint-Hilaire est autorisée à célébrer les baptêmes sous son porche. Entre 1171 et 1177, l'église abbatiale, qui «assurait le culte pour tous,... s'en... décharge désormais sur les trois autels» (3) [page 56] des chapelles consacrées de Saint-Théodulphe (au village de Saint-Thierry), de Chenay et de Villers-Franqueux.

La fonction baptismale assurée par une église abbatiale n'est pas exceptionnelle, elle s'est déjà rencontrée chez les moines de l'abbaye de La Valroy (Ardennes), dont on conserve la cuve romane en pierre de Meuse.

Sur le plan ci-dessus, apparait, au nord, une porte qui met en communication le Porticus avec une galerie étroite qui longe la nef sur sa gauche ; cette disposition résulte d'un ajout postérieur à l'époque de la construction du porche.

Dès son origine, le porche, passage entre l'extérieur et l'intérieur du sanctuaire, assure le lien entre le profane et le sacré, joint le terrestre et le céleste.

Selon Anne Prache (3) [page 71], «le Porticus était le plus ancien "porche champenois" dont on ait conservé le souvenir... il fut en tout cas en tête de la lignée des porches de Cauroy-lès-Hermonville et d'Hermonville»

Le plan révèle encore l'emplacement du jubé entre chœur et nef (voir aux références 11 et 12)

Avant de quitter l'église abbatiale, il faut encore dire qu'avant sa suppression, au XVIIIe siècle, le bâtiment subit des dégradations causées tant par les humains que  par les affres du temps. Faisant suite aux décisions malheureuses de l'archevêque Talleyrand-Périgord, la Révolution entraine elle aussi, des destructions sur les ouvrages reconstruits. Puis viennent les guerres, notamment celle de 1914/18, qui détruisent beaucoup, épargnant toutefois la porterie majestueuse qui sert désormais à l'accueil des hôtes.

De l'époque glorieuse, il ne subsiste aujourd'hui que les quatre piliers romans du XIIe siècle de l'ancienne salle capitulaire. Cette salle est maintenant aménagée en oratoire pour la prière et les offices des religieuses. (à l'emplacement souligné en rouge sur le plan)

Le décor des chapiteaux y est remarquable ; les feuilles d'acanthe à rinceaux, les têtes d'animaux fantastiques sont sublimées par la finesse du grain de la pierre de liais (4)

 

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   Le décor luxuriant des corbeilles des chapiteaux de l'oratoire (ancienne salle capitulaire)

 

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Pour les puristes d'architecture : ici, un exemple rarissime où le décor végétal envahit l'astragale

Un porche pourquoi faire?

A l'époque des premières églises, les porches étaient réservés aux catéchumènes et aux pénitents, ils ne pouvaient assister que de loin aux offices religieux. C'est aussi à cet endroit qu'on y enterrait les grands personnages, évêques, empereurs... car l'enterrement à l'intérieur de l'église était interdit jusqu'au XIIe siècle. Le lieu couvert était propice aux ablutions du baptême avant de pénétrer dans le sanctuaire, c'est là que se pratiquaient les séances d'exorcisme pour chasser le démon. Parfois aussi y étaient exposées les reliques des saints.

Le porche (porticus = portique, porte) est ouvert à tous (comme un port) ; il a donc été utilisé pour des usages profanes tels que tenues d'assemblées, de plaids, de marchés ou bien encore de lieu de vente des objets de piété.

A Reims, il reste peu de vestiges de l'ancienne église abbatiale Saint-Nicaise, seule une place en conserve le souvenir, par son nom. L'emplacement de l'abbaye bénédictine est désormais occupé par la maison de Champagne Taittinger. L'abbatiale a été bâtie dès 1229 sur les plans de l'architecte Hugues Libergier († en 1263) et terminée en 1311. Vendue à la Révolution, elle sera démantelée au début du XIXe siècle. On garde aujourd'hui, relevée au mur du collatéral nord de la basilique Saint-Rémi, une partie du beau pavement du sanctuaire (47 carreaux sur les 200), exemple unique dans la région de dalles ciselées en incrustation remplies de plomb fondu. Y sont représentées les scènes narratives de l'Ancien Testament. 

Cette église abbatiale Saint-Nicaise «était un des plus beaux monuments de la Champagne» (5) [page 296]

 

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 L'abbatiale Saint-Nicaise (illustration dans Monasticon Gallicanum)

 

Elle possédait un porche peu profond élevé entre deux contreforts qui faisait l'admiration de tous. «Libergier parait être le premier qui ait eu l'idée de faire ainsi des porches, des hors d'œuvre rappelant ces ouvrages provisoires que l'on élève devant les portails des églises à l'occasion de certaines solennités...» (5) [page300]

 

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Détail du porche de la façade occidentale de l'abbatiale Saint-Nicaise (illustration extraite du Dictionnaire de Viollet-le-Duc)

 

Les deux antiques porches ont servi de modèles aux bâtisseurs des églises rurales de la région champenoise.

A Saint-Thierry, à quelque courte distance du monastère, se dresse la belle église paroissiale Saint-Hilaire dotée d'un porche connu des nombreux visiteurs qui viennent l'admirer.

Ce qui les frappe en approchant le bâtiment c'est le décentrage de l'entrée du porche par rapport à celle de l'église.

 

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 Celui-ci est disposé le long de la façade occidentale dans l'axe d'un ensemble comprenant la nef et la chapelle Saint-Etienne ajoutée au nord , ce qui explique le décalage. Quatre baies en plein cintre sont  réparties, sur un muret bahut, de part et d'autre de son accès central. Ce dernier, beaucoup plus large est encadré par deux contreforts. Le porche est aussi ouvert dans ses parties latérales au nord et au sud.

L'église a été donnée à la paroisse en 1206, elle fut consacrée en 1215 et, à cette date, des accords sont passés entre l'abbé et le curé qui reçoit l'autorisation d'y établir des fonts baptismaux. Une charte de 1229 indique que les fonts ont été placés dans la chapelle Saint-Etienne ; pour cette raison elle devait s'ouvrir directement vers l'extérieur. Eglise et porche ont subi des restaurations, notamment les arcs de ce dernier, pour le côté gauche, ont été remis à neuf au XIXe siècle.

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La tour-porche de l'église Saint-Hilaire

Comme dans l'abbatiale, l'église Saint-Hilaire est dotée d'une tour-porche qui, à l'intérieur, forme un narthex d'une seule travée. Au-dessus la galerie s'ouvre sur la nef.

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Ouverture de la galerie sur la nef

 

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 Vue sur la nef avec, au fond, l'abside voûtée en cul de four 

 

Le diocèse de Reims est riche en porches-galeries à l'image de celui de Saint-Thierry. Certains auteurs ont même cru devoir y déceler une spécificité propre à la région en les désignant de "porches champenois". Cette assertion a été démentie par d'autres, notamment par Anne Prache (6) qui précise : «Cela ne justifie pas pour autant l'appellation populaire de "porche champenois", car il y en a dans d'autres contrées comme le Gâtinais et les cisterciens en ont fait grand usage» [page 122].

Le corpus des porches dits "champenois" a fait l'objet d'une savante et passionnante étude dont s'inspire le présent article (7).

Pour B Decrock, le porche a d'autres fonctions que celles énumérées ci-dessus.

Certes, le sacrement du baptême y a été donné dans les premiers temps. Mais lorsque Charlemagne décide de le conférer aux enfants, les fonts baptismaux réintègrent l'intérieur des églises afin d'y faciliter le rite de l'immersion totale. Par trois fois, le jeune enfant est plongé complètement dans l'eau de la cuve baptismale. Si les adultes pouvaient plus facilement affronter les conditions climatiques d'un lieu exposé aux intempéries et au froid, il en allait autrement des enfants. C'est seulement vers le XIIe siècle que commence à se pratiquer le baptême par infusion. Le porche sert alors davantage au rite qui précède la cérémonie du baptême. Le prêtre accueille le futur baptisé et ses parents, «signe qu'il reconnaissait l'enfant comme membre à part entière de la communauté chrétienne... l'enfant, encore impur, transite vers la purification en l'espérance du baptême et passe du porche, lieu encore tout imprégné du monde extérieur et laïc, à l'intérieur de l'église, vers la sacralisation..» (7) [page75]

Une autre cérémonie se déroule exclusivement sous le porche à partir du Moyen-Age, celle des relevailles. Il est d'usage qu'une accouchée, pour sa première sortie, se rende à l'église avec son nouveau-né pour y recevoir la bénédiction du prêtre. A l'occasion de ce rituel, la femme se tient à genoux en tenant un cierge allumé à la main tandis que le prêtre l'asperge d'eau bénite en prononçant des paroles choisies pour la circonstance. Le prêtre lit ensuite le Psaume 23, encore appelé Psaume de David, puis conclut l'action de grâces par une prière d'invocation à la Vierge Marie. L'échange se termine par une bénédiction au nom de la Sainte Trinité. La mère est souvent accompagnée par une autre femme (amie, voisine...) qui porte l'enfant nouveau-né déjà baptisé. En raison du fort taux de mortalité infantile, les bébés étaient baptisés dès leur naissance sans la présence de leur mère tenue à respecter une interdiction de sortie de 8 jours minimum après l'accouchement. La cérémonie des relevailles se justifiait alors pleinement.

Un troisième rituel se pratique sous le porche-galerie : il s'agit de l'absoute (du latin absolvere = délier). C'est un sacramental qui termine la cérémonie des funérailles. Il comporte généralement un chant ou une supplique prononcée par l'officiant, pour implorer la délivrance totale des péchés du défunt. L'imploration est suivie d'une aspersion et d'un encensement du corps. A noter que depuis Vatican II ce rituel est qualifié de dernier adieu. «Par conséquent, il est logique de penser l'absoute, ultime sacrement, donnée le plus proche possible du lieu où la liaison céleste-terrestre est la plus directe, et de la considérer prodiguée au dernier moment, lors de la mise en terre. Le porche n'aurait alors qu'un rôle mineur au point de vue liturgique, mais des plus importants pour la communauté des proches du défunt. Il abriterait plutôt le dernier adieu au défunt par les vivants : l'exposition du corps.» (7) [page 74]

Enfin la dernière pratique religieuse qui aura le porche-galerie comme cadre, se rapporte à la cérémonie qui précède le mariage : les épousailles.

Contrairement au baptême, l'Eglise chrétienne, dans ses débuts, ne reconnaissait pas le mariage. Pourtant les évangélistes avaient écrit que l'union de deux êtres devait s'accomplir dans la foi et que dès lors, elle devenait indissoluble. (Matthieu 5 ; 31-1; Luc; 18 ; Marc 10 ; 2-12) «Ce que Dieu a conjoint, que l'homme ne le sépare pas» (Marc 10 ; 9).

Ce n'est qu' avec saint Augustin (354 - 430) que l'acte sexuel n'est plus considéré comme un péché mortel, mais devient véniel dans le mariage. Il faudra attendre le Concile de Paris en 829 pour que le mariage soit reconnu une institution de Dieu.

Le mariage continuera longtemps à demeurer un acte profane. Au XIe siècle, dans nos régions du nord de la France, le mariage se déroule toujours dans la maison de la fille. Le prêtre est toutefois associé à la démarche, car il vient bénir le domicile des futurs époux ainsi que leur lit nuptial.

L'Eglise finira par intégrer l'acte du mariage parmi les célébrations religieuses réservées au prêtre, celui-ci ayant le devoir de s'assurer qu'il n'existe pas de lien de parenté entre les époux et surtout de vérifier que la future épouse est pleinement consentante. Ce n'était pas toujours le cas avant! Le sacrement du mariage enfin accordé par l'Eglise a continué à être combattu en pays rémois, par des sectes hérétiques ; selon elles, l'introduction de cette célébration dans l'église favorisait le monde charnel au détriment du monde céleste. Plusieurs conciles tenus à Reims tentèrent d'y remédier.

Le lieu des épousailles est transféré du domicile de la fille aux portes de l'église sous le porche-galerie. Avant l'entrée dans l'église pour la célébration religieuse, le cérémonial des épousailles comporte plusieurs phases qui mobilisent les deux familles un long moment.

«Le père de la fille remet la future à l'homme qui introduit alors successivement l'anneau "d'épousailles" à trois doigts de la main droite de l'épouse en prononçant une formule telle que "au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit". Puis il le passe à la main gauche et prononce la formule d'engagement : "De cet anneau je t'épouse, de mon corps (ou de cet or) je t'honore, et de cette dot (ou de cet argent) je te doue". Notons que le prêtre, qui avait au préalable béni les anneaux, lu l'acte de dotation et requis le consentement mutuel, n'est qu'un témoin, certes privilégié, mais encore passif. Il ne se substituera au père dans le moment essentiel de la cession de l'épouse qu'à partir de la deuxième moitié du XIIIe siècle. .... A Reims, un rite quelque peu particulier allonge encore la cérémonie-type des fiançailles : la présentation de 13 deniers, l'offrande du pain, du vin et de 2 cierges ; puis on étendait un "poële" ou voile au-dessus des mariés... Ce voile fait immédiatement songer à la légère couverture de bois des porches charpentés. Comme le voile isolait les nouveaux époux dans une intimité à peine consacrée, le porche les reçoit sous son toit dans l'intimité de Dieu. Cet édifice leur rappelle qu'ils devront toujours vivre leur union dans la voie de l'église» (7) [pages 76 - 77]

Le porche-galerie de Saint-Thierry, comme ses voisins de Cauroy-les-Hermonville et d'Hermonville, est ouvert sur ses faces latérales ; par ces ouvertures opposées, les deux familles accédaient au porche, chacune par une face. «La famille de la promise, plutôt par le Nord, côté au chapiteau du portail de Cauroy-les-Hermonville le plus féminin. La famille de l'époux plutôt par le Sud, côté au chapiteau du portail le plus masculin (les cylindres), côté du seul chapiteau historié du porche de Cauroy-les-Hermonville et qu'il serait dès lors  tentant de considérer comme un avertissement destiné au futur marié.» (7) [page 76] Est-il besoin de rappeler que jadis les fidèles se séparaient en entrant dans la nef, les femmes occupant les sièges placés à gauche, au nord, et les hommes à droite, au sud.

 

Il n'est pas sûr que ces quelques pratiques anciennes qui se déroulaient sous les porches-galeries soient connues de tous les visiteurs du XXIe siècle, aussi il est apparu judicieux de les évoquer pour éclairer le touriste qui y fera halte.

 

(1) Sur les Routes de Champagne Autour de Reims et d'Epernay. Maurice Hollande- Editeur : Michaud - 1959, page 100

(2) voir sur ce blog les 2 articles : Saint-Thierry et sa châsse. - Derniers beaux jours pour une sortie de châsses.

(3) SAINT-THIERRY une abbaye du VIe au XXe siècle. Actes du colloque international d'Histoire monastique. Reims - Saint-Thierry, 11 au 14 octobre 1976, réunis par Michel Bur - 1979

(4) Comme annoncée dans les colonnes du présent blog, l'excursion à thème "Sur les chemins de l'Europe cistercienne" a conduit, le samedi 25 octobre 2014, une quinzaine de membres de l'association "Route Guillaume" sur les sites fréquentés par le grand abbé, biographe de saint Bernard. Sous la direction du professeur Patrick Demouy de l'Université de Reims et de Philippe Tourtebatte, archéologue, les visiteurs se sont rendus au monastère pour y admirer les chapiteaux de l'oratoire, puis sont allés à l'église Saint-Hilaire. La visite des caves de la maison de champagne Taittinger de Reims a permis d'y retrouver les vestiges de l'abbaye Saint-Nicaise. La visite des extérieurs de l'abbatiale Saint-Rémi clôturait cette trop rapide évocation de saint Guillaume, un des personnages les plus influents dans la vie religieuse de son époque.

(5) Dictionnaire Raisonné de l'Architecture Française du XIe au XVIe siècle  1864 à 1868 par Viollet-le-Duc article "Porche" page 259 et suivantes voir : http://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Porche

(6) Recherches sur l'architecture religieuse rurale dans la Champagne septentrionale aux XIe et XIIe siècles. Anne Prache. Cahiers de civilisation médiévale  Année 1979 Volume 22 N° 86 pp. 113-124 sur http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cc

(7) Les porches charpentés médiévaux des églises de la Champagne par Bruno Decrock dans Travaux de l'Académie Nationale de Reims - 168ème volume - 1989 titré Art et Histoire en Pays Rémois pp 5 à 107. L'auteur a entrepris cette étude dans le cadre d'un doctorat d'histoire de l'art préparé à l'Université de Paris I, ce travail faisait suite à deux mémoires soutenus à l'Université de Reims. Bruno Decrock est actuellement dirigeant d'une entreprise rémoise d'inventaire et d'étude du patrimoine culturel. Il a effectué notamment le recensement du mobilier des églises des Ardennes en 2013.

 

Dans son étude B. Decrock distingue :

- les porches larges : un seul à Magnant (Aube, canton d'Essoyes)

- les porches étroits : Binson (Marne) ; Courtenot (Aube) ; Domblain (Haute-Marne) ; Prez-sur-Marne (Marne) ; Soilly (Marne) ; Saint-Lumier-en-Champagne (Marne) ; ceux de Cauroy-les-Lavannes et d'Ormes (Marne) sont détruits;

- les porches-galeries étroits : Bury (Marne) ; Cernay-les-Reims (Marne) ; Champfleury (Marne) ; Suzannecourt (Haute-Marne) ; Vandières (Marne) ; Condé-sur-Marne (Marne) ; les disparus de la catégorie tous marnais : Bétheny ; Cormontreuil ; deux dans Reims ;

- les porches-galeries : le plus ancien de tous :Cauroy-les-Hermonville (Marne) ; Cloyes-sur-Marne (Marne) ; Corroy (Marne) ; Coupéville (Marne) ; Euvy (Marne) ; Faux-Fresnay (Marne) seulement quelques restes pour ces 2 derniers ; Hermonville (Marne) ; Jalons-les-Vignes (Marne) ; Mareuil-en-Dôle (Aisne) ; Mareuil-sur Ay => disparu ; Ponthieu (Marne) ; Saint-Amand-sur-Fion (Marne) ; Saint-Thierry (Marne) ; Sarry (Marne).

- les porches charpentés rustiques : Chappes ; Courbeteaux ; Dommartin-sous-Hans ; Fontaine-Mâcon ; Les Mesneux ; Loivre ; Mesnil-Saint-Père ; Mesnil-Sellières ; Montbré ; Montfaucon ; Montreuil-sur-Barse ; Morsains ; Pomacle ; Puisieulx ; Saint-Aubin ; Saint-Avertin ; Saint-Parres-les-Vaudès ; Spoy ; Taissy ; Verrières ; Villemoyenne ; Virey-sous-Bar ;

- les porches charpentés postérieurs au Moyen-Age : Baye ; Moussey ; Mussey ; Saint-Aventin ; Montmort ; Sommevoire.

JLC



03/11/2014
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